11/05/2010

Eruption de type strombolienne (11/05)

Au vues de cette video prise ce matin, l'on peut dire qu'actuellement, l'éruption de l'Eyjafjöll est actuellement de type strombolienne.

 

Une éruption strombolienne, tirant son nom du Stromboli, est un type d'éruption volcanique se produisant sur des volcans rouges et caractérisé par l'émission d'une lave relativement fluide formant facilement des coulées de lave. Les explosions de grande ampleur sont atypiques ce qui n'est pas le cas des fontaines de lave qui sont courantes. Les éruptions stromboliennes sont à l'origine de la construction des stratovolcans.

Eruption de type strombolienne

Strombolian_Eruption

22:16 Écrit par eyjafjöll dans Actualité scientifique | Lien permanent | Commentaires (0)

09/05/2010

Avis de volcanologue: Patrick Allard.

Sud Ouest a contacté Patrick Allard, volcanologue à l’Institut de physique du globe de Paris. Actuellement en Islande, il travaille sur les pentes de l’Eyjafjöll. L'éruption devrait se poursuivre, et les perturbations liées au nuage de cendres aussi...
Contrairement à l’aéronautique, la téléphonie mobile est volcano-compatible. A plusieurs reprises hier et aujourd’hui, nous sommes parvenus à joindre Patrick Allard, sur les pentes du volcan Eyjafjöll en pleine éruption. Directeur de recherches au CNRS, volcanologue au sein de l’équipe de Géologie des systèmes volcaniques de l’Institut de physique du globe de Paris, ce scientifique suit attentivement les colères de l’Eyjafjöll depuis le début de l’éruption, le 20 mars dernier.

Interview de Patrick Allard, il y a une semaine

Il a gagné l’Islande cette semaine pour y effectuer des observations in situ.

Nous avons établi le contact à deux reprises hier, dans l’après-midi et dans la soirée. Mais Patrick Allard était alors sur le volcan, au cœur d’une éruption très active, et il ne pouvait nous répondre. Il a pris le temps de le faire il y a quelques heures dans son « camp de base », une ferme à quelque 20 km à l’ouest des gueules de l’Eyjafjöll, à l’abri des cendres qui retombent en pluie sur la région. Entretien.


- Sud Ouest. Comment avez-vous réussi à vous approcher du cratère ?
Patrick Allard.
Nous avons bénéficié de bonnes conditions hier samedi. Grâce à un énorme véhicule 4x4 équipé de roues spéciales, nous avons pu effectuer une bonne partie du chemin sur le glacier qui recouvre l’Eyjafjöll et monter notre matériel. Plus près du sommet (NDLR : à plus de 1600 mètres d’altitude), le glacier est complètement crevassé par l’éruption. Le cratère est de grande taille, de l’ordre de 300 mètres de diamètre. Vu l’activité du volcan, très violemment explosive,  il est dangereux de s’approcher de ce cratère à moins d’un kilomètre ou deux. Nous avons profité d’un moment favorable pour nous y hisser, sur le bord opposé à la trajectoire des explosions les plus puissantes. Je peux vous garantir que nous avons été témoin de scènes extrêmement spectaculaires, ce sont des sensations très fortes

- Pouvez-vous nous décrire ce que vous avez vu ?
L’éruption se traduit par des jets de lave qui sont expulsés du volcan à une vitesse comprise entre 200 et 250 km/h. Des blocs de matière de plusieurs mètres jaillissent à un kilomètre d’altitude. Et il y a toujours ce panache de cendres, constitué de magma fragmenté, qui est projeté à deux, trois ou quatre kilomètres d’altitude. C’est très impressionnant.

- Après l’épisode de la mi-avril, l’éruption était semble-t-il moins explosive, ce qui avait tari le nuage de cendres. Pourquoi l’est-elle redevenue ?
L’activité de l’Eyjafjöll a connu une phase un peu moins explosive à la fin avril, mais elle restait explosive par nature. Ces derniers temps, il semble que la composition du magma ait changé, qu’il soit redevenu très visqueux et chargé en silice. C’est ce qui donne à l’éruption sa force explosive. Il n’est pas impossible par ailleurs que nous ayons des arrivées de gaz venues des profondeurs.

- Quelle est l’activité du volcan par rapport à la période précédente ?
En recoupant ce que nous observons et ce que nous communiquent nos collègues islandais, l’activité est un peu moins forte. Cela dit, on voit toujours la colonne de cendres monter à plusieurs kilomètres d’altitude. Nos enregistreurs sismiques nous montrent aussi une forte activité à 25 km de profondeur sous la surface du sol. Ce qui suggère un rechargement du système en magma, et sans doute une nouvelle alimentation en surface. En clair, l’éruption n’est pas terminée.

- La précédente éruption de l’Eyjafjöll avait duré plus d’un an, entre 1821 et 1823. Peut-on en estimer la durée cette fois-ci ?
De ce que l’on constate, je serais amené à dire des semaines, voire des mois. On est pratiquement à deux mois du début de l’éruption, courant mars. Il est toujours difficile de risquer des pronostics, mais au vu de l’activité sismique profonde, je serais surpris qu’elle s’arrête à court terme.

- Quelles sont les conséquences en Islande ?
A l’ouest du volcan où nous nous trouvons, la région est épargnée. En revanche, nous sommes passés au sud et à l’est, et le tableau est tout autre. Le pays est sous la cendre, une cendre très fine qui s’immisce partout. La vie y est devenue très difficile. Dans la ville de Vik, au sud de l’île, l’essentiel de la population a évacué, au moins pour le week-end. Les gens sont partis chez des amis ou dans la famille. Il est quasiment impossible de respirer normalement, le port du masque est indispensable.

- Les précédents historiques font craindre une prochaine éruption du volcan Katla, voisin de l’Eyjafjöll, qui est bien plus massif que celui-ci. Notez-vous des éléments en ce sens ?
Aucun pour le moment, fort heureusement


Source

18:11 Écrit par eyjafjöll dans Actualité scientifique | Lien permanent | Commentaires (0)

28/04/2010

Eyjafjöll: Aline Peltier Geo physicienne.

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Quelle particularité géologique de l’Islande explique son volcanisme intense ?

 

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A.P. L’Islande est une île singulière. C’est la seule partie émergée de la dorsale médio-atlantique, au niveau de laquelle se forment les plaques américaine et eurasiatique grâce à d’importantes remontées de magma. L’Islande est également située à l’aplomb d’un point chaud dont le centre se situe au niveau du plus imposant des glaciers Islandais, le Vatnajökull, qui occupe une grande partie de l’est de l’île. L’intense activité volcanique de l’Islande, qui connaît en moyenne une éruption tous les cinq ans, résulte donc de la combinaison de ces deux contextes géodynamiques. Si le « magmatisme » de certains volcans est exclusivement lié à l’un ou à l’autre de ces contextes, la majorité d’entre eux ont un « magmatisme » d'origine mixte. C’est le cas d’Eyjafjöll et de ses voisins, dont l’activité volcanique a débuté il y a 2 à 3 millions d’années. Ils se situent au sud de l’Islande, dans une zone où se mêlent magmatisme de point chaud et magmatisme de dorsale et émettent des magmas de composition dite « transitionnelle ».

Grâce aux enregistrements sismiques, nous savons que le magma émis par Eyjafjöll vient de 25-30 kilomètres de profondeur et qu’il a entamé son ascension en avril 2009.

 

L’éruption de 2010 a connu deux phases bien distinctes. En quoi sont-elles différentes ?

 

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A.P. Eyjafjöll a en effet connu deux phases éruptives. La première a débuté le 20 mars 2010 et s’est terminée le 13 avril. On la qualifie de « fissurale »  car le magma s’épanchait depuis une fissure latérale située sur le flanc est du volcan, entre deux glaciers. Elle a produit des coulées de lave fluide aux conséquences mineures pour l’île et nulles pour l’Europe.

La seconde phase a commencé le 14 avril et continue encore aujourd’hui. Cette fois, les émissions se font depuis le cratère principal du volcan, qui est surmonté par une calotte de glace épaisse de 200 mètres. Beaucoup plus intense et violente, la libération de magma et de gaz a été accompagnée pendant plus d’une semaine d’explosions à l’origine du panache de cendres qui a atteint le ciel européen le 15 avril.

 

Comment expliquer le caractère explosif de la seconde phase de l’éruption ?

 

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A.P. Deux facteurs complémentaires peuvent être invoqués. Le plus important étant l’interaction entre le magma et la glace. La rencontre de la lave, à 1200°C, et de la glace, à 0°C produit un véritable choc thermique : la glace est instantanément vaporisée en gaz, phénomène qui s’accompagne d’une libération d’énergie qui fragmente le mélange en cendres légères et volatiles. Dans le cas présent, on estime que 20% du volume total des produits volcaniques se sont ainsi retrouvés projetés dans l’atmosphère durant les premiers jours de l’éruption.

Le second facteur a trait à la composition chimique et gazeuse du magma. Plus celui-ci est riche en silice, plus il est visqueux et cohésif, et plus son potentiel explosif est important. Lors de la première phase, la teneur en silice du magma était de 47%, contre 58% pour le magma secondairement libéré. Cet enrichissement en silice, qui résulte certainement d’un temps de résidence plus long au sein d’un réservoir magmatique, confère à ce magma une charge explosive plus forte, également renforcée par une teneur en gaz élevée.

 

Où en est l’éruption aujourd’hui ?

 

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A.P. Depuis le jeudi 22 avril, le panache de cendres n’est plus que faiblement alimenté car les explosions ont fortement diminué suite à la fonte d’environ 1/3 de la portion de la glace qui surplombait le cratère. Mais l’activité du volcan n’a pas cessé pour autant. Au contraire elle reste identique à ce qu’elle a été lors des premiers jours en libérant 500 mètres cube de magma et de gaz par seconde.

Cependant, si la composition du magma n’évolue pas, autrement dit si son taux en silice n’augmente pas, et si des nouvelles fractures sous-glaciaires n’apparaissent pas, il n’y a aucune raison pour que le panache de cendres se développe à nouveau.

 

Doit-on craindre un réveil du volcan voisin, le Katla ?

 

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A.P. Pour l’instant, le Katla n’émet aucun signal alarmant : les sismomètres ne détectent aucune activité sismique, et les GPS n’ont pas mesuré de gonflement de la croûte terrestre autour de ce volcan. Un tel soulèvement aurait indiqué que le réservoir magmatique du Katla serait en train de se remplir. Remplissage qui pourrait se faire depuis les conduits d’Eyjafjöll si ces deux volcans étaient liés. Mais le lien entre ces deux volcans n’est qu’hypothétique : il a été supposé car les deux dernières éruptions d’Eyjafjöll, en 1612 et en 1821, ont été suivies par l’entrée en éruption du Katla.

 Source

13:47 Écrit par eyjafjöll dans Actualité scientifique | Lien permanent | Commentaires (0)

26/04/2010

Eyjafjöll: L'éruption au 26/04

"Le flux du magma est le même qu'il y a quelques jours (20-40 tonnes par seconde). L'éjection des cendres est en baisse. Le magma s'écoule du côté nord. Il n'y a pas de signes de fonte de la glace ni de courants d'eau fondue du côté sud. Aucun signe de fin de l'éruption", ont indiqué les chercheurs dans leur rapport quotidien.

Les cendres dégagées par le volcan s'élevaient à une altitude de 5.300 mètres dimanche soir. Un séisme de magnitude 1,4 s'est produit dimanche matin du coté nord-est du volcan, selon les chercheurs.

Image du 24/04, le couvert nuageux actuel ne permettant pas d'image actuelle.


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20:45 Écrit par eyjafjöll dans Actualité scientifique | Lien permanent | Commentaires (0)

25/04/2010

Eyjafjöll: Le point des volcanologues au 24/04

Dépêche du 25 avril 2010 : Source: Activolcan

Les volcanologues ont pu mener hier des investigations par avion sur l'Eyjafjöll.

Il ressort que l'évent nord est le plus (voir le seul) actif et que des coulées sont en train de se mettre en place en direction du nord. Ce sont elles qui, sur la webcam Valahnúk, donnent naissance aux volutes de vapeur blanche que l'on voit à la base du panache de cendres.

Le débit massique des coulées a été estimé entre 10 et 30 tonnes/sec. Les volcanologues pensent, sur la base de diverses observations concordantes, que leur présence dans le cratère remonte au 21 avril.

Le trémor est très stable encore aujourd'hui, le VAAC de Londres maintient le niveau d'alerte rouge (altitude du panache: 2500m environ) ce matin et le rapport des volcanologues se termine par cette phrase "no signs of termination of eruption".

Sources: NORDVULK; Vedur.is; VAAC de Londres.

Image Webcam du 24/04

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14:32 Écrit par eyjafjöll dans Actualité scientifique | Lien permanent | Commentaires (0)